La victoire …

Un jour, un déclic et 41 ans de tabagie active réduite à néant … On en rit ?

Il y a un an d’ici, j’envoyais ce message à un de mes amis pour le faire rigoler :

<< Quoi, tu n’as pas lu les infos du jour ce matin ???
« Clopclop »sera la nouvelle fragrance du DG dolce&gabana de cette nouvelle collection printemps / été 2014 ….tout le monde va se l’arracher et moi, j’ai la chance de le tester en avant-première !!!
Avec « clopclop » les publicitaires affirment aussi que c’est un puissant sex-attract , un euphorisant, un aphrodisiaque ….et je t’en passe !!
Il aurait l’avantage de colorer tes poumons d’une jolie couleur noire, de raccourcir ta vie de misère de quelques jours voire même de quelques années pour certains et il t’obligerait même à utiliser rouge à lèvre , spray buccal , et déo en tout genre …une aubaine commerciale !
Et tu voudrais que je rate tout ça …mdr >>

Bon, je ne sais plus s’il en avait ri ou pas mais moi, je m’étais beaucoup,amusée en l’écrivant . A l’époque, mon entourage me tannait déjà depuis de nombreuses années avec des paroles du style : tu devrais arrêter de fumer, c’est mauvais pour ta santé , c’est un sacré budget qui part en fumée …. Et bla-bla-bla et bla-bla-bla ….
Et moi, comme tous les fumeurs, je répondais qu’il fallait bien mourir de quelque chose, que je pouvais traverser la rue et me faire écraser par un chauffard …etc, etc .
Bref, on me tannait et moi, j’en riais . C’était un peu comme le : « fais pas-ci , fait pas-ça  » ah bah si tiens , je vais le faire !! ( l’esprit de contradiction en quelque sorte exponentialisée par le cumul des années !! )

Et puis,
Un an après cette petite blagounette, au hasard des clics internet, je tombe sur un article d’un hypnothérapeute spécialiste en arrêt du tabac . Par curiosité , je commence à lire l’article … son discours me plaît et m’interpelle , va savoir pourquoi … Un feeling passe…je lis donc et je visionne tout ce qui le concerne sur internet et en quelques heures, je décide d’arrêter de fumer et de lui faire confiance pour m’aider.
Puis, tout va très vite …
J’achète son programme ( des audios et des pdf ) et je me lance …
Je fixe la date à laquelle je vais arrêter de fumer … Ce sera le 3 octobre 2015 …

Et me voilà , aujourd’hui , le samedi 24 octobre 2015 ( c’est-à-dire 21 jours plus tard ) officiellement NON-FUMEUSE et fière d’avoir réussi ce nouveau challenge !!!

Avec humour, ce matin j’ai publié cette photo :

Processed with Moldiv
Et j’ai envoyé à cet ami : – Pour fêter ça, je vais en griller une … Ha bah non !!! ( humour noir hihihi )
Il m’a répondu : – Du coup, c’est très très drôle , une bonne blague belge .

LOL … La vie est bien trop courte pour ne pas en rire !!!

Un grand MERCI à tous ceux qui ont étés mes supporters tout au long de ces 21 jours . Vous avez été super !! Et je ne pense pas avoir été trop chiante non plus hihihi hi …. Ps : Sylvianne, je te libère pour toutes les chansons restantes ^+^

Avec le recul, je me dis qu’arrêter de fumer a été beaucoup plus facile que ce que je pensais . J’étais motivée , certes , j’ai puisé dans mon courage , oui bien sûr mais tout le monde peut le faire aussi .
L’hypnose m’a beaucoup aidé dans le sens où je n’ai ressenti aucun manque physique lié au tabac et où j’ai pu aborder les choses de manière détendue .
Ce qui était dérangeant , au début, c’était le fait d’associer certains endroits, certaines actions, certaines choses à la cigarette et au fait de fumer . Heureusement, ces associations s’atténuent au fil des jours et des séances de renforcement . J’ai suivi scrupuleusement le programme pendant les 21 jours ( je pense que la durée est nécessaire même si on est tenté de la raccourcir ).
Pendant cette période , j’ai été continuellement en contact avec des fumeurs et les voir fumer ne me dérangeait pas du tout et ne me donnait pas envie non plus de fumer ; je pense même que cela renforçait ma fierté quelque part .

Aujourd’hui , je me sens en pleine forme, en pleine santé et optimiste. Je me suis libérée de la cigarette et je suis ainsi devenue le chef de ma vie et je pourrai consacrer ce budget à quelque chose qui me fera réellement plaisir .
Si j’y suis parvenue, VOUS LE POUVEZ aussi …
Si vous avez besoin d’aide, de renseignements, de conseils , je suis là pour vous aider .
Croyez-moi , LE PLUS DIFFICILE dans l’histoire , c’est de SE DÉCIDER et de SE LANCER

Une si jolie rencontre ( suite )

Mardi 26 mai

Je l’ai revu !! Vous pensez que c’est un truc de fou et bien moi aussi .
Chaque jour, je suis retournée marcher dans le square quasiment à la même heure .
Je me disais bêtement que c’était une rencontre tellement incroyable et surréaliste que ça ne pouvait pas se terminer comme ça .
Le 1 er jour, je n’ai rien vu de spécial . Le banc était vide, et j’étais un peu déçue, je dois l’avouer . Mais au fond, je me disais que c’était normal . Confier sa détresse à la 1 ère personne qui croise son chemin , après coup ça doit paraître insensé . Peut être qu’il le regrettait ou qu’il en avait honte …. Bref une jolie rencontre sans suite.
Le lendemain, le banc était toujours vide . Je m’en suis aperçue de loin mais j’avais toujours cette envie de le voir arriver et de lui demander s’il allait mieux.
Quand je suis arrivée à hauteur du banc, mes yeux se sont écarquillés ! Sur l’arbre juste à côté du banc, il y avait un cœur dessiné en blanc .
Je me suis mise à sourire … Quelle ironie du sort , ce fameux banc connaissait donc bien d’autres histoires que celle d’une rencontre . Parce que pas un seul instant je n’ai pu croire que ce fut lui qui l’avait dessiné . Ça ne correspondait pas du tout au peu que je connaissais de lui . Mais j’y ai vu comme un signe du destin . Comme l’ébauche de petits bonheurs et d’amour pour celui ou celle qui avait déposé sur cet arbre ses sentiments naissants.
D’autres cœurs sont apparus dans la même allée les jours suivants . Mais le banc est toujours resté vide de l’inconnu . Les gens qui s’y posaient malgré tout le faisait vivre .
J’avoue, avec les moyens du bord j’y ai aussi laissé des signes. Parce qu’après tout, c’est beau les histoires …
Ce jour-là donc, j’étais allée marcher sur le temps de midi comme a mon habitude .
Hormis les indécrottables dragueurs du parc qui vous suivent intensément du regard à chaque fois que vous passez devant eux et qui parfois osent quelques phrases bateaux de drague, rien de nouveau sous le soleil comme on dit .
Je suis allée faire quelques courses pour le dîner et je suis rentrée .
Prise par les préparatifs du repas et d’autres occupations  » ménagères  » le temps a filé . Quand j’ai enfin levé le nez, il était déjà presque 15 h .
C’est en rangeant ce qui devait retourner dans le frigo que mon regard a été attiré au dehors. Il faut dire que, de ma cuisine, j’ai la vue sur le square . En hiver, je vois tout quand les arbres sont dénudés mais en été, quand la végétation est à son apogée, les feuillages des arbres me dissimulent la plupart des allées .
Je ne vois donc qu’une toute petite clairière juste en bas de chez moi . Et en cette saison, n’est visible qu’un des trois bancs qui y sont disposés . Infime trouée dans toutes ses teintes de vert, la clairière m’apparaît comme un joyeux spectre noyé dans le soleil . Comme un spot de lumière n’éclairerait qu’un infime détail d’un tableau impressionniste d’une forêt vert émeraude .
Un banc, un réverbère et un tout petit bout d’allée …Les gens y défilent à longueur de journée . Parfois, je m’attarde à la fenêtre pour les regarder . Celui-là s’y repose fatigué et repart . Certains s’y posent plus longtemps , comme pour y méditer . Parfois , ce sont des jeunes qui s’y installent et je crois deviner qu’entre eux ils chahutent.
Mais aujourd’hui, sur le banc, il y a un homme, un homme avec un blouson bleu marine …
Je ne le vois que de dos, légèrement de profil par moment . Mais je sais ! Je sais que c’est lui, c’est le même blouson, la même manière de se tenir assis .
J’enfile le 1 er sweat venu, tant pis pour la douche que je n’ai pas prise, pour le maquillage que j’ai rectifié à la hâte et pour mes cheveux pas vraiment à leur avantage . J’attrape mon trousseau de clés et je descends …

Cavale …

Lorsqu’il s’entoure de la nuit

Fuyant l’amour et ses dédales

Hâtant le pas, filant sans bruit

Où va-t-il donc l’homme en cavale ?

 

Comme éperdu, sans un regard

Pour ce qu’il rate ou qu’il dénie

Sait-on pourquoi un homme part ?

Est-ce qu’il a peur, est-ce qu’il s’ennuie ?

 

C’est un félin aux pas de velours

Pas un écho sur le trottoir

Il n’aime pas le mot  » toujours  »

Il tombe la veste pour ce soir

 

Il a promis de s’interdire,

D’entendre les mots, les cris du cœur

Et c’est pourquoi il doit partir

Bien avant ça, bien avant l’heure

 

Il a décelé dans l’avenir

Sur les rebords de l’incertain

Comme une envie, comme un soupir

Comme quelques notes d’un vieux refrain

 

De tous les mots qu’il voudrait dire

Ne sortira qu’un  » je reviens  »

Juste un regard, pas un sourire

La porte claque, l’homme est bien loin .

 

 

 

 

 

Une bien jolie rencontre …

Une bien jolie rencontre

Midi moins dix .
D’habitude, c’est bien plus tôt que je démarre mes petits tours du square, tenue de sport, baskets aux pieds et casque audio sur la tête … La musique, ça m’aide à marcher et à jogger . Aujourd’hui, c’est U2 qui m’accompagne dans ma virée sportive .
Dans le parc, il y a comme un petit air de langueur avec ce soleil qui pointe son nez timidement . Les chiens sont de sortie, les gens paressent sur les bancs , d’autres ne font que passer en le traversant .
Premier tour de piste , doucement, à mon rythme c’est-à-dire lent … En fait je marche et j’observe … C’est mon plaisir : les gens, la nature , les mille petites choses qui m’entourent… C’est aussi souvent mon inspiration …
Au loin, je l’aperçois assis sur un banc, une canette posée à côté de lui, une autre en main . Le regard dans le vague . Il n’a rien d’un paumé pourtant , il est même plutôt bien fringué : chemise , cravate et blouson bleu marine , classe . Je m’approche et ses yeux croisent les miens . J’y lis toute la détresse du monde et tant de tristesse me heurte . Mais déjà je suis loin et je regrette de n’avoir rien dit, de ne même pas avoir souri.
Je me promets intérieurement que s’il est toujours là au tour suivant, je lui parlerai . Ce n’est pas dans mes habitudes de faire ça, mais une tristesse pareille, ça ne devrait pas exister.
Cette fois, quand je m’approche, son regard est déjà fixé sur moi, comme un appel au secours . Je m’arrête à sa hauteur, j’enlève le casque et je lui parle … Franchement, je ne me rappelle plus les mots . Ils sont sortis tout seuls de ma bouche … Ça devait être quelque chose comme :
– Bonjour, excusez-moi de vous aborder ainsi mais est-ce que ça va ? Vous avez l’air tellement triste !
Lui :
– C’est tellement je suis perdu dans mes pensées … Et elles me rendent tristes car je ne sais plus quoi faire.
J’ai dû sortir une phrase bateau du genre : il faut se poser les bonnes questions …
Et là, d’un coup, il me confie en vrac, ses peines, ses tristesses, ses questionnements .
La mort de son ex femme dans un terrible accident et un fils de 17 ans qui en souffre encore et qui lui reproche d’être là, lui, toujours vivant.
J’ai écouté, je savais que cela lui faisait du bien de parler . J’ai pris le temps . .. Le temps d’un débordement du cœur … J’ai trouvé les mots, naturellement, apaisants.
Il a souri enfin . J’étais cette inconnue qui passait justement par là, peut être au bon moment .
Je ne connais de lui que ses peines, ses sentiments et son questionnement . Pas grand chose d’autre . Même pas son prénom . Il ne connaît rien de moi non plus . Sauf peut-être, qu’un mercredi 20 mai, j’ai croisé son chemin en faisant un peu de sport , que j’ai vu sa détresse et que j’ai osé lui parler , que je l’ai écouté et que je lui ai redonné le sourire .
Il s’est levé, il devait retourner travailler . Il m’a serré la main et il m’a remercié .
C’était une belle rencontre !

 

 

Arnaque : escroquerie, tromperie, abus de confiance …

Arnaque : escroquerie, tromperie, abus de confiance, faux et usage de faux.

Caractéristique : s’infiltre partout ! Internet, courrier, réseaux sociaux et même à votre porte !

cible : tout un chacun avec quand même une légère préférence pour  une personne plus  » sensible  » de part son âge ou son bon cœur …

dégâts : majoritairement financiers mais aussi psychologiques et parfois physiques .

On connaît tous quelqu’un qui s’est fait arnaquer ou qui a failli …

Hier, c’était peut-être votre voisin … Serez-vous le prochain ?

Un seul conseil : PRÉMUNISSEZ -VOUS !! 

Merci Sylvianne pour ce très bon article ^+^

Derrière la porte …

La clé du grand sous-sol

Était posée juste là

Rapide, vil vol

Une main s’en empara

 

Les pas continuèrent

Frôlant les parois sombres

Marquages éphémères

Sur le sol rempli d’ombres

 

D’un coup ils s’arrêtèrent

Devant la porte lourde

Un cliquetis de verre

Une touche un peu plus sourde

 

Un grincement sinistre

Provenant de ses gonds

Promettait la visite

Ouvrirait la prison

 

L’enfant assis par terre

Infime protection

Appela tout haut sa mère

puis fuit dans l’abandon

 

Les plaintes, les cris, les peurs

Restèrent dans sa bouche

Il s’évada ailleurs

Esprit,  loin de sa couche

 

La porte se referma

Grimaçant à nouveau

La clé se retira

Dans un ultime sursaut

 

Elle disparut ensuite

Au fin fond d’une poche

Et entama sa fuite

Dans l’escalier de roche .

 

 

 

Petit Jean et la grande échelle 

Petit Jean était un petit garçon comme les autres … Enfin, pas tout à fait !

Du haut de ses 7 ans, il regardait le monde et tout ce qui l’entourait avec un autre regard. 

Petit Jean était le cadet de la famille . C’était donc normal qu’il fut le plus petit, mais le problème, c’est que sa taille était anormalement petite pour son âge ! C’est de là que lui venait le surnom de Petit Jean et non du fait qu’il était le plus jeune . Alors, forcément, il devait toujours lever la tête bien haut pour regarder les autres.

Petit Jean et sa famille habitaient une jolie ferme à la campagne. Entourée de champs et d’arbres fruitiers, elle était un joli havre de paix, pas très loin du village. Et cela tombait bien car Petit Jean aimait la nature et sa poésie, ses bruits dans le silence des voix et ses odeurs mélangées au vent.

Du fait de sa petite taille, Petit Jean était souvent mis à l’écart des jeux de ses camarades. Il ne courrait pas assez vite, ne sautait pas assez haut, se faisait souvent bousculer et railler par les autres. À la maison, c’était tout le contraire, Petit Jean se sentait surprotégé et ça le dérangeait beaucoup .

Alors, il prît l’habitude d’aller s’isoler dans un petit coin du jardin, juste derrière la ferme, là où personne ne le voyait . Parfois, il pleurait sur son sort de petit garçon qui n’arrive pas à grandir mais toujours, il finissait par rêver. Secrètement, il rêvait qu’un jour il serait grand et fort comme les autres garçons de son âge et que ce jour-là, il leur prouverait enfin ce qu’il valait.

Adossé au muret qui délimite le jardin, Petit Jean est en pleine rêverie . 

– Rien n’est facile pour quelqu’un de ma taille se dit-il . Même cette échelle posée contre le cerisier, juste en face de moi me paraît comme une passerelle inaccessible vers le ciel et l’infini . 

Plus d’une fois, il avait essayé d’y grimper mais sans succès ; il restait Désespérément bloqué au 1er échelon . Pourtant, y grimper jusque tout en haut, aurait été, pour lui, la certitude de voir les choses différemment et de se sentir grand . Mais le problème avec cette échelle, c’est qu’elle était diablement haute et surtout qu’il lui manquait plusieurs échelons . Pour Petit Jean, l’épreuve était insurmontable . L’espace entre le 1er échelon et le 2ème était déjà tellement grand que même Yohan, son aîné n’y arrivait pas du haut de ses 9 ans . Quant à sa sœur Nora, grande pour son âge, elle aurait pu y arriver mais refusait toujours d’essayer,  prétextant un terrible vertige . Quand venait l’heure de la récolte des cerises, c’était donc toujours son père qui s’y collait . 

Dans ses rêveries, Petit Jean avait déjà échafaudé mains et mains plans pour y arriver mais il y avait toujours quelque chose qui  » clochait  » . Il ne le savait pas encore, mais c’était surtout la peur qui le retenait et l’empêchait d’agir.

Au printemps, alors que le renouveau s’annonçait dans ses plus jolies couleurs et que Petit Jean s’en délectait chaque jour au retour de l’école, un événement se préparait qui allait changer sa vie : un couple de mésanges vint construire son nid au beau milieu du cerisier en fleur .

Jour après jour, Petit Jean vit le ballet incessant et bruyant du couple toujours affairé et en quête de tout ce qui pouvait consolider leur nid.

Enfin, un dimanche, il entendit un petit cri bien plus aigu que les autres ! L’oisillon était donc né !

Les jours qui suivirent, Petit Jean revint le plus souvent possible près du cerisier espérant apercevoir enfin l’oisillon . Et quand ce fut chose faite, que la petite boule de plumes émergeat du nid, Petit Jean se dit que sa patience avait été  récompensée .

 Petit à petit , l’oisillon prit quelques risques en dehors du nid et un jour, son tout 1er envol sous la surveillance de ses parents .

Petit Jean compris alors que surmontant sa peur et le danger, l’oisillon avait réussi à voler et que pour lui, ce serait pareil . Il était petit , oui, mais quand il aurait réalisé une grande chose, il ne se sentirait plus petit du tout .

Il alla  chercher, dans le vieil atelier jouxtant la ferme, Du bois, un marteau et des clous . Patiemment , jour après jour, s’épuisant à la tâche, il construisit les échelons manquants. Chaque jour, il y consacra tout son temps libre et son énergie . Chaque jour, il surmonta sa peur et son vertige pour construire l’échelon suivant . Chaque jour était un nouveau pas qu’il faisait sans regarder le vide derrière lui .

Quand enfin il gravit le dernier échelon, son cœur se mit a battre comme un fou ! Enfin il avait réussi !! 

Agrippé aux barreaux de l’échelle, les mains tremblantes, le cœur battant la chamade,   il osa enfin détacher son regard de son champ de vision tout proche et regarder autour de lui . La campagne lui parut magnifique et le vide, immense sous ses pieds . La fierté qu’il ressentit à ce moment là, lui mouilla les yeux et lui brouilla la vue. 

Quand enfin il reprit assurance et que sa vue redevint nette, il s’aperçut qu’il était juste à hauteur du nid déserté. Qu’il était beau et bien fait ce nid ! Une véritable œuvre d’art ! Au milieu, quelque chose brillait qui attira son attention. Petit Jean se pencha un peu plus, respira un grand coup, lâcha un barreau et d’une main tâtonnante fouilla le nid.  Ce qui brillait et qu’il ramena, c’était la boucle d’oreille de sa grande sœur Nora, celle qu’elle cherchait depuis plus d’un mois !

Alors, Petit Jean se sentit grand ! Grand d’avoir surmonté sa peur . Grand d’avoir accompli ce qu’il venait de faire . Grand d’avoir construit tout seul, une  » presque nouvelle  » échelle, sur laquelle son frère pourraIt aussi grimper . Oui, il était fier de lui pour tout ce qu’il avait fait mais fier aussi de pouvoir rendre la boucle d’oreille, tant recherchée, à cette grande sœur qu’il adorait .

 Oui, Petit Jean était enfin devenu grand ! 

Amnésie …

Il est là, allongé sur le lit, chambre 12

Les os en compote, des fils partout, accident de voiture …

Il est le seul survivant

Il sera opéré dans la matinée, il s’en sortira

Il réclame son portable pour appeler sa copine

Il est perdu, il ne sait pas

Il répète inlassablement : heureusement que j’étais seul dans la voiture, heureusement !

Il ne sait pas, personne n’a osé lui dire

Parce qu’à cet âge-la, l’amour se conjugue avec un grand A même s’il ne dure pas

D’où je suis, je le regarde impuissante

Mais fière et émue qu’il pense à moi …

Parce que sa copine, c’était moi.

 

 

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À voix basse

C’est l’histoire d’un vieux chat qui se mourait d’amour pour une jeune et jolie chatte des alentours.

Laid et le poil avachi, il avait piètre allure. Mais le pire, c’est qu’il était bête et méchant ! Sans force à cause de son grand âge, il passait ses journées à se chauffer au soleil . Sur un petit promontoire de pierre représentant Dios, il s’étalait de tout son long . De son piédestal , il pouvait régenter son petit monde par quelques coups de griffes acérées et quelques pchhhhhh dissuasifs mais surtout, il pouvait voir sa dulcinée. Elle était si jeune et si belle ! Et surtout connue dans tout le village pour sa bonté et sa douceur.

Un jour qu’il somnolait sous les chauds rayons du soleil, le vieux chat entendit une petite voix : » pour être beau comme un dieu, il faut avoir en soi une petite part de lui. »

Parce qu’il était laid et qu’il voulait devenir beau comme un dieu, le vieux chat pas très futé regarda la statue de Dios et cru qu’elle lui avait parlé. Il prit ce qu’il venait d’entendre comme un conseil judicieux ; il gratta une petite pierre et l’avala tout rond. Il se senti alors , beau comme un dieu !

Il se dit que cela pourrait marcher pour tout …

Parce qu’il était vieux et qu’il voulait redevenir le jeune chat fringuant qu’il avait été jadis, il battit campagne, tua un loup, lui mangea l’oreille et se senti comme un jeune loup !

Parce qu’il était à la limite de la pelade et qu’il rêvait d’avoir un pelage magnifique, il battit campagne, tua un ours et lui mangea la narine. Et ses poils lui semblèrent drus et fournis !

Parce qu’il était faible et qu’il voulait devenir fort comme un bœuf, il battit campagne, tua un boeuf et lui mangea la patte. Et il se senti invincible !

Parce qu’il se savait méchant et hargneux,  il voulut , pour sa belle, devenir doux comme un agneau. Il battit campagne, tua un agneau et lui mangea la bouche. Et il se senti envahi de tendresse !

Parce qu’un jour, on lui avait dit qu’il était bête, il voulut  devenir malin comme un singe. Il battit campagne, tua un singe et lui mangea un doigt. Il se senti tout autre !

Maintenant qu’il était beau comme un dieu, jeune comme un loup, poilu comme un ours, fort comme un boeuf, doux comme un agneau et malin comme un singe , il se dit qu’il avait toutes ses chances de conquérir enfin sa belle .

Il pris donc la direction du village …Et chemin faisant, il se mit à réfléchir…

Parce que maintenant il était devenu intelligent, il se rendit compte qu’il avait fait de très vilaines actions . Il avait tué un loup, un boeuf, un ours, un agneau et un singe. Et la petite pierre qu’il avait avalée commençait à lui faire drôlement mal à l’estomac.

La douleur et les pensées l’empêchèrent d’aller plus loin. Il s’arrêta, regarda au loin la jeune chatte si belle et si gentille et se dit qu’il ne la méritait pas. Il pria alors Dios de lui reprendre la vie pour ne plus souffrir tant .

Dios, le regarda et lui dit :

– pourquoi tu ne souffrirais pas ? Tu as fait tant de mal alentours de toi et tu n’as eu aucune pitié pour les autres . Pourquoi j’en aurais pour toi ?

– Dios, je l’ai fait parce que j’étais bête et méchant ! Maintenant, je suis intelligent et je comprends tout le mal que j’ai fait et j’en suis vraiment désolé . Prends ma vie pour la redonner aux autres !

Dios eut pitié de lui et réalisa son 1er miracle . Il rendit la vie au loup, au boeuf, à l’ours, à l’agneau et au singe . Mais plutôt que de prendre la vie du vieux chat, il le transforma en homme !

– maintenant, lui dit-il , tu vivras le restant de ta vie comme un homme et tu apprendras à aimer les animaux. Pour eux, l’importance n’est pas dans la beauté, la jeunesse, la force, l’intelligence, le fait que tu aies des cheveux ou pas . Ils t’aimeront uniquement pour ta bonté et ton amour pour eux ! Regarde … Voilà justement celle,  pour qui ton coeur de chat battait hier . Tu ne pourras plus l’aimer comme un chat mais cette fois, tâche de l’aimer comme un homme bon !

Dios se souvint alors, du jour où, le vieux chat avait entendu la petite voix :  » pour être beau comme un dieu, il faut avoir en soi une petite part de lui  » .

Dios sourit et se dit que, dorénavant, pour éviter de nouveaux miracles , il ferait bien de réfléchir à voix basse !