On se connaît ?

Petite chose informe

En course effrénée

De vitesse à la borne

C’est sûr tu as gagné

 

 

9 mois t’as attendu

Sans trop t’intéresser

Son ventre était tendu

T’étais pas concerné

 

 

Puis, un beau jour voilà

Le temps est décompté

Tu es devenu papa

Et puis moi je suis née

 

 

Des années numéros

C’est sûr tu d’vais être là

Tu poses sur les photos

Moi je n’me souviens pas

 

 

Et puis ce fut le vide

Terrible embargo

Caution que l’on valide

d’éteindre même les mots

 

 

Le pourquoi, le comment

Moi j’ai pas pu comprendre

Car quand on est parent

C’est pas un titre à vendre

 

 

On ne s’en débarrasse pas

On fait du mieux qu’on peut

On se doit d’être là

pilier, même à mille lieues

 

 

Qu’on balaie le passé

Pour un nouveau départ

n’empêche pas de rester

Gravé dans la mémoire

 

 

Tu as dû y penser

Sûrement de temps en temps

Circonstances égarées

Souvenirs d’événements

 

 

Je dois te remercier

Au moins une seule fois

Tu m’as fait exister

Grâce à toi je suis là

 

 

Alors seulement pour ça

Et seulement aujourd’hui

J’te dis  » Merci papa  »

Un tour et puis s’enfuit …

 

 

J’ai écrit ce texte il y a longtemps … le jour où j’ai pardonné à mon père de m’avoir abandonné . Le temps a fait le reste, lentement …

On n’oublie pas mais on peut pardonner !

Aujourd’hui, ce texte prend une nouvelle ampleur parce que bientôt mon fils sera papa et que le sien n’est pas trop là .

Ce texte, je le dédie à tous les  » papa » démissionnaires  » et je leur dis être papa, quel que soit l’âge c’est important !

Ce n’est pas seulement donner la vie, les aider à grandir, les voir un jour partir mais c’est aussi tout le temps être un pilier en arrière-plan !

 

 

 

A part of me …

J’aime mes enfants …

Inconditionnellement mais lucidement …

J’ai préféré le plus fragile tant qu’il était fragile ; le plus malade jusqu’à ce qu’il guérisse ; le plus triste jusqu’au moment où il était consolé ; celui qui était le plus loin jusqu’à ce qu’il revienne .

Je les aime tour à tour, avec leurs défauts et pour leurs qualités .

Mais je les aime aussi pour les voir ouvrir leurs ailes et pouvoir s’envoler.

Je les aime pour les racines, les valeurs et le respect que je leur ai appris .

Je les aime pour les leçons qu’ils m’ont donné

Je les aime inconditionnellement mais lucidement … Et ça, ils ne doivent jamais en douter .

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Les chemins qu’on visualise pour nos enfants, ne sont pas nécessairement ceux qui leur conviennent .

Laissons-les tracer leur route, quelle qu’elle soit , avec les valeurs inculquées et soyons fiers qu’à certains moments, ils s’en souviennent .

 

Une bien jolie rencontre …

Une bien jolie rencontre

Midi moins dix .
D’habitude, c’est bien plus tôt que je démarre mes petits tours du square, tenue de sport, baskets aux pieds et casque audio sur la tête … La musique, ça m’aide à marcher et à jogger . Aujourd’hui, c’est U2 qui m’accompagne dans ma virée sportive .
Dans le parc, il y a comme un petit air de langueur avec ce soleil qui pointe son nez timidement . Les chiens sont de sortie, les gens paressent sur les bancs , d’autres ne font que passer en le traversant .
Premier tour de piste , doucement, à mon rythme c’est-à-dire lent … En fait je marche et j’observe … C’est mon plaisir : les gens, la nature , les mille petites choses qui m’entourent… C’est aussi souvent mon inspiration …
Au loin, je l’aperçois assis sur un banc, une canette posée à côté de lui, une autre en main . Le regard dans le vague . Il n’a rien d’un paumé pourtant , il est même plutôt bien fringué : chemise , cravate et blouson bleu marine , classe . Je m’approche et ses yeux croisent les miens . J’y lis toute la détresse du monde et tant de tristesse me heurte . Mais déjà je suis loin et je regrette de n’avoir rien dit, de ne même pas avoir souri.
Je me promets intérieurement que s’il est toujours là au tour suivant, je lui parlerai . Ce n’est pas dans mes habitudes de faire ça, mais une tristesse pareille, ça ne devrait pas exister.
Cette fois, quand je m’approche, son regard est déjà fixé sur moi, comme un appel au secours . Je m’arrête à sa hauteur, j’enlève le casque et je lui parle … Franchement, je ne me rappelle plus les mots . Ils sont sortis tout seuls de ma bouche … Ça devait être quelque chose comme :
– Bonjour, excusez-moi de vous aborder ainsi mais est-ce que ça va ? Vous avez l’air tellement triste !
Lui :
– C’est tellement je suis perdu dans mes pensées … Et elles me rendent tristes car je ne sais plus quoi faire.
J’ai dû sortir une phrase bateau du genre : il faut se poser les bonnes questions …
Et là, d’un coup, il me confie en vrac, ses peines, ses tristesses, ses questionnements .
La mort de son ex femme dans un terrible accident et un fils de 17 ans qui en souffre encore et qui lui reproche d’être là, lui, toujours vivant.
J’ai écouté, je savais que cela lui faisait du bien de parler . J’ai pris le temps . .. Le temps d’un débordement du cœur … J’ai trouvé les mots, naturellement, apaisants.
Il a souri enfin . J’étais cette inconnue qui passait justement par là, peut être au bon moment .
Je ne connais de lui que ses peines, ses sentiments et son questionnement . Pas grand chose d’autre . Même pas son prénom . Il ne connaît rien de moi non plus . Sauf peut-être, qu’un mercredi 20 mai, j’ai croisé son chemin en faisant un peu de sport , que j’ai vu sa détresse et que j’ai osé lui parler , que je l’ai écouté et que je lui ai redonné le sourire .
Il s’est levé, il devait retourner travailler . Il m’a serré la main et il m’a remercié .
C’était une belle rencontre !