Et puis …

Quand vient la nuit

Tendre complice

Entre tes jolis draps de soie

Je me perds et je m’y glisse

Belle lascive entre tes bras

Et puis …

Sans un seul bruit

Qu’un souffle bas

La solitude en évidence

L’image déjà se formera

Point après point dans le silence

Et puis …

Douceur de lui

Rêve éphémère

Oh délicieuse gourmandise

L’image est floue et puis se perd

Reste le goût en bouche, exquis

Et puis …

La nuit s’enfuit

Les voix se lèvent

Sur des aurores inconnues

Les rêves soudain filent à l’anglaise

Telle une ravissante ingénue

Et puis …

La bouche reconnaît la saveur

De celui qui fait battre son coeur .

On se connaît ?

Petite chose informe

En course effrénée

De vitesse à la borne

C’est sûr tu as gagné

 

 

9 mois t’as attendu

Sans trop t’intéresser

Son ventre était tendu

T’étais pas concerné

 

 

Puis, un beau jour voilà

Le temps est décompté

Tu es devenu papa

Et puis moi je suis née

 

 

Des années numéros

C’est sûr tu d’vais être là

Tu poses sur les photos

Moi je n’me souviens pas

 

 

Et puis ce fut le vide

Terrible embargo

Caution que l’on valide

d’éteindre même les mots

 

 

Le pourquoi, le comment

Moi j’ai pas pu comprendre

Car quand on est parent

C’est pas un titre à vendre

 

 

On ne s’en débarrasse pas

On fait du mieux qu’on peut

On se doit d’être là

pilier, même à mille lieues

 

 

Qu’on balaie le passé

Pour un nouveau départ

n’empêche pas de rester

Gravé dans la mémoire

 

 

Tu as dû y penser

Sûrement de temps en temps

Circonstances égarées

Souvenirs d’événements

 

 

Je dois te remercier

Au moins une seule fois

Tu m’as fait exister

Grâce à toi je suis là

 

 

Alors seulement pour ça

Et seulement aujourd’hui

J’te dis  » Merci papa  »

Un tour et puis s’enfuit …

 

 

J’ai écrit ce texte il y a longtemps … le jour où j’ai pardonné à mon père de m’avoir abandonné . Le temps a fait le reste, lentement …

On n’oublie pas mais on peut pardonner !

Aujourd’hui, ce texte prend une nouvelle ampleur parce que bientôt mon fils sera papa et que le sien n’est pas trop là .

Ce texte, je le dédie à tous les  » papa » démissionnaires  » et je leur dis être papa, quel que soit l’âge c’est important !

Ce n’est pas seulement donner la vie, les aider à grandir, les voir un jour partir mais c’est aussi tout le temps être un pilier en arrière-plan !

 

 

 

The last day …

Elle s’arrêta au bord du lit

Le dos voûté et le coeur las

N’espérant plus une embellie

Regard figé sur cet homme là

 

Il avait partagé sa vie

Un court instant et puis voilà

L’heure était maintenant au repli

Un petit tour et puis sans va

 

 

Elle se leva,  l’esprit lucide

Les sentiments au bord des yeux

Pour sûr, il laisserait un vide

Mais après tout, c’est peut être mieux

 

La tête ailleurs, désemparée

Le coeur au bord de l’implosion

Elle voyait en accéléré

Le sens unique des émotions

 

Les mots qu’elle dit ne furent alors

Que pour soulager sa souffrance

Ils étaient rudes sur les bords

Comme un point final en partance

 

Car un départ, c’est comme la mort

C’est un fil rouge vers l’infini

C’est un bateau qui quitte le port

Un point au loin qui rétrécit .

 

 

 

 

 

 

 

 

Une si jolie rencontre ( suite )

Mardi 26 mai

Je l’ai revu !! Vous pensez que c’est un truc de fou et bien moi aussi .
Chaque jour, je suis retournée marcher dans le square quasiment à la même heure .
Je me disais bêtement que c’était une rencontre tellement incroyable et surréaliste que ça ne pouvait pas se terminer comme ça .
Le 1 er jour, je n’ai rien vu de spécial . Le banc était vide, et j’étais un peu déçue, je dois l’avouer . Mais au fond, je me disais que c’était normal . Confier sa détresse à la 1 ère personne qui croise son chemin , après coup ça doit paraître insensé . Peut être qu’il le regrettait ou qu’il en avait honte …. Bref une jolie rencontre sans suite.
Le lendemain, le banc était toujours vide . Je m’en suis aperçue de loin mais j’avais toujours cette envie de le voir arriver et de lui demander s’il allait mieux.
Quand je suis arrivée à hauteur du banc, mes yeux se sont écarquillés ! Sur l’arbre juste à côté du banc, il y avait un cœur dessiné en blanc .
Je me suis mise à sourire … Quelle ironie du sort , ce fameux banc connaissait donc bien d’autres histoires que celle d’une rencontre . Parce que pas un seul instant je n’ai pu croire que ce fut lui qui l’avait dessiné . Ça ne correspondait pas du tout au peu que je connaissais de lui . Mais j’y ai vu comme un signe du destin . Comme l’ébauche de petits bonheurs et d’amour pour celui ou celle qui avait déposé sur cet arbre ses sentiments naissants.
D’autres cœurs sont apparus dans la même allée les jours suivants . Mais le banc est toujours resté vide de l’inconnu . Les gens qui s’y posaient malgré tout le faisait vivre .
J’avoue, avec les moyens du bord j’y ai aussi laissé des signes. Parce qu’après tout, c’est beau les histoires …
Ce jour-là donc, j’étais allée marcher sur le temps de midi comme a mon habitude .
Hormis les indécrottables dragueurs du parc qui vous suivent intensément du regard à chaque fois que vous passez devant eux et qui parfois osent quelques phrases bateaux de drague, rien de nouveau sous le soleil comme on dit .
Je suis allée faire quelques courses pour le dîner et je suis rentrée .
Prise par les préparatifs du repas et d’autres occupations  » ménagères  » le temps a filé . Quand j’ai enfin levé le nez, il était déjà presque 15 h .
C’est en rangeant ce qui devait retourner dans le frigo que mon regard a été attiré au dehors. Il faut dire que, de ma cuisine, j’ai la vue sur le square . En hiver, je vois tout quand les arbres sont dénudés mais en été, quand la végétation est à son apogée, les feuillages des arbres me dissimulent la plupart des allées .
Je ne vois donc qu’une toute petite clairière juste en bas de chez moi . Et en cette saison, n’est visible qu’un des trois bancs qui y sont disposés . Infime trouée dans toutes ses teintes de vert, la clairière m’apparaît comme un joyeux spectre noyé dans le soleil . Comme un spot de lumière n’éclairerait qu’un infime détail d’un tableau impressionniste d’une forêt vert émeraude .
Un banc, un réverbère et un tout petit bout d’allée …Les gens y défilent à longueur de journée . Parfois, je m’attarde à la fenêtre pour les regarder . Celui-là s’y repose fatigué et repart . Certains s’y posent plus longtemps , comme pour y méditer . Parfois , ce sont des jeunes qui s’y installent et je crois deviner qu’entre eux ils chahutent.
Mais aujourd’hui, sur le banc, il y a un homme, un homme avec un blouson bleu marine …
Je ne le vois que de dos, légèrement de profil par moment . Mais je sais ! Je sais que c’est lui, c’est le même blouson, la même manière de se tenir assis .
J’enfile le 1 er sweat venu, tant pis pour la douche que je n’ai pas prise, pour le maquillage que j’ai rectifié à la hâte et pour mes cheveux pas vraiment à leur avantage . J’attrape mon trousseau de clés et je descends …

A part of me …

J’aime mes enfants …

Inconditionnellement mais lucidement …

J’ai préféré le plus fragile tant qu’il était fragile ; le plus malade jusqu’à ce qu’il guérisse ; le plus triste jusqu’au moment où il était consolé ; celui qui était le plus loin jusqu’à ce qu’il revienne .

Je les aime tour à tour, avec leurs défauts et pour leurs qualités .

Mais je les aime aussi pour les voir ouvrir leurs ailes et pouvoir s’envoler.

Je les aime pour les racines, les valeurs et le respect que je leur ai appris .

Je les aime pour les leçons qu’ils m’ont donné

Je les aime inconditionnellement mais lucidement … Et ça, ils ne doivent jamais en douter .

image

Les chemins qu’on visualise pour nos enfants, ne sont pas nécessairement ceux qui leur conviennent .

Laissons-les tracer leur route, quelle qu’elle soit , avec les valeurs inculquées et soyons fiers qu’à certains moments, ils s’en souviennent .

 

La spirale infernale …

Parfois,

     Ça dégringole

           Ça trébuche

                Ça bouscule

                     Ça heurte

                    Ça déçoit …

Mais aussi,

Ça caresse

      Ça enlace

           Ça embrasse

                Ça ment

                     Ça ne dit pas …

Et c’est la spirale infernale …

Love is all about…

 

 

 

 

Derrière la porte …

La clé du grand sous-sol

Était posée juste là

Rapide, vil vol

Une main s’en empara

 

Les pas continuèrent

Frôlant les parois sombres

Marquages éphémères

Sur le sol rempli d’ombres

 

D’un coup ils s’arrêtèrent

Devant la porte lourde

Un cliquetis de verre

Une touche un peu plus sourde

 

Un grincement sinistre

Provenant de ses gonds

Promettait la visite

Ouvrirait la prison

 

L’enfant assis par terre

Infime protection

Appela tout haut sa mère

puis fuit dans l’abandon

 

Les plaintes, les cris, les peurs

Restèrent dans sa bouche

Il s’évada ailleurs

Esprit,  loin de sa couche

 

La porte se referma

Grimaçant à nouveau

La clé se retira

Dans un ultime sursaut

 

Elle disparut ensuite

Au fin fond d’une poche

Et entama sa fuite

Dans l’escalier de roche .