Petit Jean et la grande échelle 

Petit Jean était un petit garçon comme les autres … Enfin, pas tout à fait !

Du haut de ses 7 ans, il regardait le monde et tout ce qui l’entourait avec un autre regard. 

Petit Jean était le cadet de la famille . C’était donc normal qu’il fut le plus petit, mais le problème, c’est que sa taille était anormalement petite pour son âge ! C’est de là que lui venait le surnom de Petit Jean et non du fait qu’il était le plus jeune . Alors, forcément, il devait toujours lever la tête bien haut pour regarder les autres.

Petit Jean et sa famille habitaient une jolie ferme à la campagne. Entourée de champs et d’arbres fruitiers, elle était un joli havre de paix, pas très loin du village. Et cela tombait bien car Petit Jean aimait la nature et sa poésie, ses bruits dans le silence des voix et ses odeurs mélangées au vent.

Du fait de sa petite taille, Petit Jean était souvent mis à l’écart des jeux de ses camarades. Il ne courrait pas assez vite, ne sautait pas assez haut, se faisait souvent bousculer et railler par les autres. À la maison, c’était tout le contraire, Petit Jean se sentait surprotégé et ça le dérangeait beaucoup .

Alors, il prît l’habitude d’aller s’isoler dans un petit coin du jardin, juste derrière la ferme, là où personne ne le voyait . Parfois, il pleurait sur son sort de petit garçon qui n’arrive pas à grandir mais toujours, il finissait par rêver. Secrètement, il rêvait qu’un jour il serait grand et fort comme les autres garçons de son âge et que ce jour-là, il leur prouverait enfin ce qu’il valait.

Adossé au muret qui délimite le jardin, Petit Jean est en pleine rêverie . 

– Rien n’est facile pour quelqu’un de ma taille se dit-il . Même cette échelle posée contre le cerisier, juste en face de moi me paraît comme une passerelle inaccessible vers le ciel et l’infini . 

Plus d’une fois, il avait essayé d’y grimper mais sans succès ; il restait Désespérément bloqué au 1er échelon . Pourtant, y grimper jusque tout en haut, aurait été, pour lui, la certitude de voir les choses différemment et de se sentir grand . Mais le problème avec cette échelle, c’est qu’elle était diablement haute et surtout qu’il lui manquait plusieurs échelons . Pour Petit Jean, l’épreuve était insurmontable . L’espace entre le 1er échelon et le 2ème était déjà tellement grand que même Yohan, son aîné n’y arrivait pas du haut de ses 9 ans . Quant à sa sœur Nora, grande pour son âge, elle aurait pu y arriver mais refusait toujours d’essayer,  prétextant un terrible vertige . Quand venait l’heure de la récolte des cerises, c’était donc toujours son père qui s’y collait . 

Dans ses rêveries, Petit Jean avait déjà échafaudé mains et mains plans pour y arriver mais il y avait toujours quelque chose qui  » clochait  » . Il ne le savait pas encore, mais c’était surtout la peur qui le retenait et l’empêchait d’agir.

Au printemps, alors que le renouveau s’annonçait dans ses plus jolies couleurs et que Petit Jean s’en délectait chaque jour au retour de l’école, un événement se préparait qui allait changer sa vie : un couple de mésanges vint construire son nid au beau milieu du cerisier en fleur .

Jour après jour, Petit Jean vit le ballet incessant et bruyant du couple toujours affairé et en quête de tout ce qui pouvait consolider leur nid.

Enfin, un dimanche, il entendit un petit cri bien plus aigu que les autres ! L’oisillon était donc né !

Les jours qui suivirent, Petit Jean revint le plus souvent possible près du cerisier espérant apercevoir enfin l’oisillon . Et quand ce fut chose faite, que la petite boule de plumes émergeat du nid, Petit Jean se dit que sa patience avait été  récompensée .

 Petit à petit , l’oisillon prit quelques risques en dehors du nid et un jour, son tout 1er envol sous la surveillance de ses parents .

Petit Jean compris alors que surmontant sa peur et le danger, l’oisillon avait réussi à voler et que pour lui, ce serait pareil . Il était petit , oui, mais quand il aurait réalisé une grande chose, il ne se sentirait plus petit du tout .

Il alla  chercher, dans le vieil atelier jouxtant la ferme, Du bois, un marteau et des clous . Patiemment , jour après jour, s’épuisant à la tâche, il construisit les échelons manquants. Chaque jour, il y consacra tout son temps libre et son énergie . Chaque jour, il surmonta sa peur et son vertige pour construire l’échelon suivant . Chaque jour était un nouveau pas qu’il faisait sans regarder le vide derrière lui .

Quand enfin il gravit le dernier échelon, son cœur se mit a battre comme un fou ! Enfin il avait réussi !! 

Agrippé aux barreaux de l’échelle, les mains tremblantes, le cœur battant la chamade,   il osa enfin détacher son regard de son champ de vision tout proche et regarder autour de lui . La campagne lui parut magnifique et le vide, immense sous ses pieds . La fierté qu’il ressentit à ce moment là, lui mouilla les yeux et lui brouilla la vue. 

Quand enfin il reprit assurance et que sa vue redevint nette, il s’aperçut qu’il était juste à hauteur du nid déserté. Qu’il était beau et bien fait ce nid ! Une véritable œuvre d’art ! Au milieu, quelque chose brillait qui attira son attention. Petit Jean se pencha un peu plus, respira un grand coup, lâcha un barreau et d’une main tâtonnante fouilla le nid.  Ce qui brillait et qu’il ramena, c’était la boucle d’oreille de sa grande sœur Nora, celle qu’elle cherchait depuis plus d’un mois !

Alors, Petit Jean se sentit grand ! Grand d’avoir surmonté sa peur . Grand d’avoir accompli ce qu’il venait de faire . Grand d’avoir construit tout seul, une  » presque nouvelle  » échelle, sur laquelle son frère pourraIt aussi grimper . Oui, il était fier de lui pour tout ce qu’il avait fait mais fier aussi de pouvoir rendre la boucle d’oreille, tant recherchée, à cette grande sœur qu’il adorait .

 Oui, Petit Jean était enfin devenu grand ! 

3 thoughts on “Petit Jean et la grande échelle 

  1. Mais son voisin Grand Jean avait lui aussi des problèmes. Il se sentait trop grand, trop gauche. Il ne savait que faire de ses jambes sans fin sans parler de ses pieds qui écrasaient tout sur leur passage. Il rêvait du machine à rapetisser mais comment la créer quand on a tout juste 7 ans? Peut-être Petit Jean qui grimpent tout en haut de l’échelle a-t-il une idée?
    De toute façon trop petit, trop grand, trop mince, trod gros, trop frisé, trop bête ou trop intelligent, la vie n’est jamais bien faite et il faut s’adapter.
    Bisouilles

    • Lol … Mais c’est à Grand Jean de trouver la solution , d’en faire un  » post  » et de le partager avec Petit Jean ^+^
      Grand Jean relèvera t’il le défit ??

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *