La sieste …

Ce midi, c’est l’été

Dans ton lit, je me glisse

En toute nudité

Que tes yeux ne se plissent !

 

Qu’ils admirent, rebels

Vagabonds, sur mes courbes

Gambadent et étincellent

Mais jamais ne soient fourbes

 

Qu’ils virent à l’émeraude

Quand tes mains me caressent

Volupté douce et chaude

Langueur… jamais ne cesse !

 

Le soleil sur ta peau

Cet ourlet de ta bouche

Oh sensuel cadeau

Qu’est ton corps sur la couche

 

Quand tes doigts se font hâte

Et plongent dans l’envie

Moiteur incontrôlable

Mes mains s’animent aussi

 

Enfin, nos yeux s’accrochent

Et captent le plaisir

La sueur s’effiloche

En ondes de désir

 

La tension devient reine

Quand le roi vient en moi

Délices des extrêmes

Yin et Yang en émoi

 

Harmonie douce et pleine

Unicité des corps

Nous ressentir sans peine

Frôler tous nos accords

 

Puis bouger lentement

Lascive progression

Éveille délicieusement

Nos sens en conjonction

 

Allumer le regard

Et lire en l’autre les mots

Les soupirs, les retards

les râles, les adagios

 

Jusqu’au déferlement

Extase ultime et belle

Les corps sans apaisement

livrent leurs essentiels

 

Quand au dernier accord

Les souffles emmêlés

Nous trouverons encore

La force de crier

 

Il est alors un nom

Qu’on donne à cet après

C’est le mot  » abandon  »

Le repos du guerrier .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’estime de soi …

Gravons cette journée-la dans nos mémoires

Cette journée où nous avons compris

Qu’une vie ça n’a de prix que celui qu’on lui donne

Que pour beaucoup, ça ne vaut pas grand chose

Qu’on est pour eux en somme

Qu’une infime petite dose

De chimie et d’hormones

Fêtons donc ensembles le jour meilleur

Où nous réalisons enfin que notre vie est unique

Qu’elle a de la valeur, qu’on peut la rendre belle

Et qu’on doit en prendre soin …

 

L’estime de soi ne doit jamais dépendre de la manière dont les autres nous voient … Il faut croire en soi !

 

 

 

Cavale …

Lorsqu’il s’entoure de la nuit

Fuyant l’amour et ses dédales

Hâtant le pas, filant sans bruit

Où va-t-il donc l’homme en cavale ?

 

Comme éperdu, sans un regard

Pour ce qu’il rate ou qu’il dénie

Sait-on pourquoi un homme part ?

Est-ce qu’il a peur, est-ce qu’il s’ennuie ?

 

C’est un félin aux pas de velours

Pas un écho sur le trottoir

Il n’aime pas le mot  » toujours  »

Il tombe la veste pour ce soir

 

Il a promis de s’interdire,

D’entendre les mots, les cris du cœur

Et c’est pourquoi il doit partir

Bien avant ça, bien avant l’heure

 

Il a décelé dans l’avenir

Sur les rebords de l’incertain

Comme une envie, comme un soupir

Comme quelques notes d’un vieux refrain

 

De tous les mots qu’il voudrait dire

Ne sortira qu’un  » je reviens  »

Juste un regard, pas un sourire

La porte claque, l’homme est bien loin .

 

 

 

 

 

Une bien jolie rencontre …

Une bien jolie rencontre

Midi moins dix .
D’habitude, c’est bien plus tôt que je démarre mes petits tours du square, tenue de sport, baskets aux pieds et casque audio sur la tête … La musique, ça m’aide à marcher et à jogger . Aujourd’hui, c’est U2 qui m’accompagne dans ma virée sportive .
Dans le parc, il y a comme un petit air de langueur avec ce soleil qui pointe son nez timidement . Les chiens sont de sortie, les gens paressent sur les bancs , d’autres ne font que passer en le traversant .
Premier tour de piste , doucement, à mon rythme c’est-à-dire lent … En fait je marche et j’observe … C’est mon plaisir : les gens, la nature , les mille petites choses qui m’entourent… C’est aussi souvent mon inspiration …
Au loin, je l’aperçois assis sur un banc, une canette posée à côté de lui, une autre en main . Le regard dans le vague . Il n’a rien d’un paumé pourtant , il est même plutôt bien fringué : chemise , cravate et blouson bleu marine , classe . Je m’approche et ses yeux croisent les miens . J’y lis toute la détresse du monde et tant de tristesse me heurte . Mais déjà je suis loin et je regrette de n’avoir rien dit, de ne même pas avoir souri.
Je me promets intérieurement que s’il est toujours là au tour suivant, je lui parlerai . Ce n’est pas dans mes habitudes de faire ça, mais une tristesse pareille, ça ne devrait pas exister.
Cette fois, quand je m’approche, son regard est déjà fixé sur moi, comme un appel au secours . Je m’arrête à sa hauteur, j’enlève le casque et je lui parle … Franchement, je ne me rappelle plus les mots . Ils sont sortis tout seuls de ma bouche … Ça devait être quelque chose comme :
– Bonjour, excusez-moi de vous aborder ainsi mais est-ce que ça va ? Vous avez l’air tellement triste !
Lui :
– C’est tellement je suis perdu dans mes pensées … Et elles me rendent tristes car je ne sais plus quoi faire.
J’ai dû sortir une phrase bateau du genre : il faut se poser les bonnes questions …
Et là, d’un coup, il me confie en vrac, ses peines, ses tristesses, ses questionnements .
La mort de son ex femme dans un terrible accident et un fils de 17 ans qui en souffre encore et qui lui reproche d’être là, lui, toujours vivant.
J’ai écouté, je savais que cela lui faisait du bien de parler . J’ai pris le temps . .. Le temps d’un débordement du cœur … J’ai trouvé les mots, naturellement, apaisants.
Il a souri enfin . J’étais cette inconnue qui passait justement par là, peut être au bon moment .
Je ne connais de lui que ses peines, ses sentiments et son questionnement . Pas grand chose d’autre . Même pas son prénom . Il ne connaît rien de moi non plus . Sauf peut-être, qu’un mercredi 20 mai, j’ai croisé son chemin en faisant un peu de sport , que j’ai vu sa détresse et que j’ai osé lui parler , que je l’ai écouté et que je lui ai redonné le sourire .
Il s’est levé, il devait retourner travailler . Il m’a serré la main et il m’a remercié .
C’était une belle rencontre !

 

 

Et malgré la distance …

Retrouvons-nous à nu

Enlevons nos habits

Nos peurs et nos non-dits

Retrouvons-nous émus

Et malgré la distance, lance, lance, lance …

 

Dansons sur nos envies

Au rythme de l’amour

De rimes de velours

Illuminons nos nuits

Et malgré la distance, danse, danse, danse …

 

Chantons la mélodie

Mettons nos corps en transe

Que ta voix me balance

indéniable folie

Et malgré la distance, chante, chante, chante …

 

 

La passerelle

Y a pas de chemin vers le bonheur,

Le bonheur, c’est le chemin …

 

Assise sur la jetée, elle regardait la mer

Les vaguelettes formées, comme autant de belles ondes

Les questions affluaient et concernaient le monde

Elle se sentait en paix, admirable étrangère

 

Tout était un mystère entre hier et demain

Au présent elle vivait, les heures en devenir

Sagesse intérieure du bonheur à choisir

La passerelle comme un gage lui montrait le chemin .

 

La patience …

J’ai toujours manqué de patience …

À croire qu’elle ne s’apprend qu’au fil de l’âge . Enfant gâtée, femme enfant, femme enfin … La patience, c’est pour moi, l’âge des anges . Elle se cultive délicatement comme on prend soin d’une jeune pousse frêle et chétive . Elle a comme un goût de sérénité pour qui sait y goûter .

Au pays des baisers, elle serait le plus apprécié . Celui qui se serait mérité . Celui qui au delà des mots aurait la saveur de l’éternité . Celui qui pourrait être le dernier .

Au début tant redoutée, la patience m’est devenue comme un pilier contre lequel me reposer et un rempart derrière lequel m’abriter .

J’aime ses rondeurs et ses jeux de détours qui parfois me heurtent et m’amusent, tour à tour .

La patience est cruelle car parfois elle impose déceptions et lourdeurs. On dit qu’elle ne paie pas … Mais de toi à moi, avait on fait le bon choix ? Peut-être pas !

La patience a ses limites et souvent varie avec le cœur . Elle conquête ou chavire et c’est un vrai mystère .

Mais au-delà du mot, plus loin que l’apparence, le concept est joli et le chemin immense ! 

Patience

 

Subtile insoumise …

Oh subtils prémisses

Quand ma langue glisse

Un zeste audacieuse

Un brin tendancieuse

Là, entre tes cuisses…

 

Tu courbes les reins

Tu attrapes mes seins

Tu désires ma bouche

Pleine et pas farouche

Autour de ton bien…

 

Tu la veux rebelle

Tu la voudrais miel

Et puis qu’elle t’enlace

Insoumise, salace

Et qu’elle t’ensorcelle…

 

Qu’elle fasse naître en toi

Un troublant émoi

Un subtil supplice

Savoureux délice

Qui durcit en moi…

 

Habile frôlement

Ballet incessant

Lente métamorphose

L’envie se dépose

En flot jaillissant …

 

Blancheur diaphane

Des lèvres émanent

Perles sur la peau

Comme un goût de beau …